20.04.09

Welcome chez les Chtimis

Ecrit dans Humeur à 9:05 par Bernard-Roger MATHIEU

Le cousin Alfred revient du cinéma. Il est allé voir Welcome.

Ça vous dit quelque chose Welcome ?

Non ce n’est pas le nom du bistrot de Villefranche sur Mer.

C’est le nom du film de Philippe Lioret avec Vincent Lindon.

Welcome c’est l’histoire de Sangatte. Si vous ne savez pas où se trouve Sangatte, c’est simple vous regardez sur Mapy et hop vous voilà dans le Pas de Calais, c’est à 51,18 km de Bergues. Sauf que Bergues c’est dans le Nord. Il y a une petite frontière à franchir (sacrées frontières) mais d’un côté comme de l’autre nous sommes dans le pays flamand. Chez les Chti ! Sympa et tout !

Bergue-Sangatte même combat ?

Le cousin Alfred en regardant Welcome a pensé à Bienvenue chez les Chti. D’ailleurs il y a la similitude du titre. Même thématique : l’accueil. Similitude géographie. Ici on accueille un migrant venu du Midi, là on accueille des Pakistanais.

Des hommes quoi !

Mais, la ressemblance s’arrête là où commence la «  délit de gueule ». Si le mec du Midi prend les Chti pour des demeurés passablement alcoolos, les mecs du Nord prennent les « nageurs » kurdes pour des clandestins qui font taches dans le paysage. Le policier «  qui-fait-son-boulot » qui, dans le film arrête Lindon pour «collusion avec l’ennemi » (comme on a compris)  est-il ce chtimi français-moyen que l’on admire ? Il a plutôt le look des CRS de Caterpilar qui eux aussi font leur boulot sans conscience aurait dit Rabelais (ont-ils lu Rabelais c’est dans Pantagruel, chapitre VIII).

Kurdes, irakiens, Afghans, Iraniens, Soudanais depuis la fermeture du centre de transit, errent comme des âmes en peine pourchassés par la police française.

Pourquoi ? s’est demandé le cousin Alfred, POURQUOI n’ouvrirait-on pas un centre de transit (*) chauffé avec des sanitaires, un restaurant digne de ce nom avec des toilettes, des pressing pour laver le linge, des douches pour laver les hommes, des bibliothèque ( presse, tabac, journaux) pour laver la tête. Ce serait bon pour le moral. Et bon pour la dignité de la France pays d’accueil. Oui mais voilà ces Kurdes, Irakiens, Afghans, Iraniens, Soudanais n’ont que chti à faire de la France. Eux, leur idée fixe c’est d’aller en Angleterre car là-bas il y a des clubs de foot extraordinaires. Dans le film de Lioret, le jeune footballeur joué par l’acteur Firat Ayverdi, n’a nullement l’intention d’aller exercer ses talents à l’Union Sportive Boulogne Coté d’Opale ni à l’ Union Sportive du Littoral de Dunkerque.

Autre idée : on remplit des bateaux et on va les déposer sur les côtes du coté du comté du Kent. Et surtout, on leur donne de quoi tenir quelques jours (argent, nourriture, couverture de survie…) afin que les sujets de sa précieuse majeste ne nous les renvoient pas illico presto par la navette.

Troisième solution : les chtimi les accueillent comme ils savent si bien le faire (savoir-faire acquis pendant plusieurs générations avec les  Italiens, Polonais, Nords Africains…).

Pour qu’ils dépensent leur argent dans les bistrot et commerces locaux, on leur donne du boulot, les logent, envoient leur enfant à l’école de la République, on les inscrit dans les clubs sportifs etc. Dans une génération tout ça sera fondu dans la population et ils iront lancer des saurets au carnaval de Dunkerque.

 

(*) où trouver l’argent ? c’est simple on arrête les sommes folles dépensées pour compliquer la vie de ces pauvres malheureux.

BOITE A IDEES :Création d’un Ministère Colluche/abbé Pierre

Pendant qu’on y est, ne pourrait-t-on lancer un Ministère Colluche/abbé Pierre et de l’identité nationale ? http://www.immigration.gouv.fr/ A force de laisser les Restos du Cœur vivre de rapines bénévoles et de profiter du « bon-cœur M’sieurs-Dames » on les intégrerait dans un système digne, structuré, géré, organisé. Cela permettrait aussi d’offrir des douches dignes et des toilettes dignes aux SDF de passage. Ainsi que des services de santé sur place. Pour eux et pour leurs animaux de compagnie. A propos, ils faudrait aussi des chambres pour l’accueil des couples. Souvent dans les accueils on ne prend que l’homme, la femme reste dehors. Les z’humains c’est pas des chiens ! Donc des chambres dignes ! Comme ils vont être de plus en plus nombreux dans les toutes prochaines années, on a intérêt à y penser maintenant de risque d’être rapidement débordé.

On prend l’argent des Ministères Eric Besson, Valérie Létard, Julien Damon, Fadela AMARA ,  Martin HIRSCH mal utilisé et on le met dans ce nouveau ministère de la dignité. Du coup on économise même des Ministres !

Ce nouveau ministère gérerait tous les déficits accumulés depuis deux ou trois an en matière de logement, d’accueil, dispensaires etc.

Si on ne fait pas ce geste d’humanité basic, les bourgeois n’auront qu’à bien se tenir et il faudra instaurer le soir des couvre-feux avec des policiers dans toutes les rues.

Après tout, ce qu’en dit Alfred, c’est que des conneries….

 

17.04.09

La Séquestation des patrons

Ecrit dans Humeur à 22:53 par Bernard-Roger MATHIEU

Pourquoi travaille-t-on ?

Réponse : par philosophie, enrichissement personnel, pour le plaisir… parce qu’on n’a rien d’autre à foutre ?

Sérieusement : on travaille pour gagner tout simplement de l’argent.

Car sans argent on ne peut pas vivre dans la dignité. Exemple : les Rmiste, les chômeurs, les SDF, les clandestins etc.

Gagner suffisamment  d’argent à un âge normal, c’est se lancer dans la vie comme on dit.

Acheter une voiture qui permet d’aller travailler, construire sa maison, avoir les capacités de faire vivre une famille, donc avoir «  le luxe » d’en fonder une. Nourrir ses enfants, leur donner de l’éducation…

Tout ce que l’on écrit là c’est étrangement basic.

On ne parle pas des vacances, de l’accès aux loisirs… non on parle de l’élémentaire Dr Watson.

Or, aujourd’hui les patrons disposent d’un véritable droit de vie et de mort.

Le droit de licencier c’est un droit toujours vivace du Moyen-Âge de jeter à la rue une femme, un homme, des enfants… Nous sommes tous des Klinex !

Et le capitalisme n’est guère rassurant, même pas pour les petits patrons qui, pris dans la tourmente, ont besoin d’un tuba pour résister aux tsunamis économiques. Dans fond, les premières cibles du libéralisme, ce sont eux ! Sur eux reposent les plus douloureuses responsabilités.

Dans cette société injuste, restent les grandes sociétés. Les mammouths.

Celles qui font du bénef et licencient quand même.

Celles qui délocalisent pour faire encore plus d’argent.

Celles qui utilisent les gens non pas pour les faire vivre, mais pour faire vivre leur capital.

Alors tombent les verdicts des «  tribunaux ouvriers ».

Dans l’étonnement général ?

Ces patrons subissent de plus en plus d’incarcérations. Aux abois les victimes se révoltent.

« C’est interdit » clame Sarkozy effaré de ces débordements. « Interdit car nous sommes dans un état de droit » ( de droite ?).

Comme d’habitude il vient de faire usage d’un regard parcellaire. Celui qui fait semblant de ne pas comprendre.

Oui mais voilà le Droit n’est pas à sens unique.

Il ne peut y avoir de Droit sans Devoir.

D’un côté il ne peut y avoir ceux qui ont le droit de licencier et de l’autre, ceux qui n’auraient pas le droit d’être mécontent.

On pourrait développer gravement et longtemps les arguments.

Aussi, nous renverrons à la lecture d’un ouvrage. Celui d’André Pierrard La belle vie au pays noir paru en 1979 aux éditions: G.Blondel et J.Planquart/1979  http://arsyliv.wifeo.com/boutique-article-11026.html. ce livre prémonitoire parle de la séquestration d’un patron. Surprenant !

Que va-t-il se passer ? Les « malheureux » qui nous gouvernent n’ont pas la pointure pour affronter les événements. Où ils partiront ; ou ils s’entêteront. Mais de toute façon, ils n’auront pour seule solution, en regard de leur imagination et de leurs capacités à l’adaptation aux circonstances, qu’à pratiquer sans cesse plus de répression.

Sans être particulièrement pessimiste, on ne prend pas le bon chemin.

23.03.09

La pape à l’index !

Ecrit dans Humeur à 23:24 par NM

A l'index

18.02.09

Soutenons la Guadeloupe dans son combat … Sarko enflamme le rhum

Ecrit dans Humeur à 10:39 par Bernard-Roger MATHIEU

Visite au coeur du probleme La photo n’est pas terrible…mais elle a le mérite avoir été prise à pied d’œuvre. Nous sommes au Centre Ephpheta dans un centre pour Malentendants situé à Capesterre Belle Eau.

J’effectuais un reportage pour la Dépêche du Midi en 2001.

Le club Rotary de Toulouse ( avec d’autres) dans le cadre d’une action d’Intérêt Public Mondial tendait la main à son homologue de Pointe à Pitre/Jarry Guadeloupe.

Au delà de cet évènement journalistiquement ciblé, les yeux, les oreilles et toutes les balises de détection s’étaient mises au rouge. On voyait bien que la Guadeloupe n’avait pas que les pieds dans l’eau. Elle avait aussi les deux pieds dans la guano.

Ici des cases avec dedans des gens au look inquiétant.

Là des structures d’un autre temps.
Je rentrais de Cuba. Et Cuba par rapport à la Guadeloupe c’était, et de loin, le paradis. A Cuba on n’est pas riche mais on respecte la dignité des gens. En Guadeloupe, heureusement, et depuis longtemps, la population avait compris que le syndicalisme offrait une arme de rébellion face aux becquets ou les nouveaux becquets.

Si en Corse on voit bien que la population tient le volant. En Guadeloupe les gens ne faisaient que pousser…
Dans le midi le mouvement coopératif, dans des temps pourtant déjà éloignés, avait  donné au vigneron cette solidarité qui avait soudé le peuple de la vigne.

Nous avons visité en Guadeloupe une distillerie. Toutes les distilleries de ce rhum dont on se régale, sont propriétés de familles souvent elles aussi inféodées au consortium du sucre. Les paysans ne sont pas prioritaires de leurs terres.

Alors bien entendu nous avons reçu 5 sur 5 le langage des nantis et de leurs porte-parole.  Quand les ouvriers relèvent le nez, ils sont forcément “cocos”, ou faignants, ou bons (mauvais plutôt) à être jetés avec l’eau du bain.

Or, le Guadeloupéen est fier par nature. On n’est pas descendant d’esclave pour rien.

On ne marche pas sur les pieds de gens qui ont le sang chaud. Les interpellations policières de lundi ne pouvaient être que de la provocation.

Ami entendu le vol noir des corbeau sur la plaine …..

Le Rhum s’enflamme.

Les caraïbes se couvrent et les observateur craignent un grain.

C’est beau de voir qu’il existe encore des gens debout.

29.01.09

Un vent grec sur la manif

Ecrit dans Humeur à 23:12 par Bernard-Roger MATHIEU

Raymond l'objectif

Jeudi 29 janvier  huit jours après l’anniversaire de Louis XVI

10.000 Audois dans la rue sous le regard d’Armand Barbes, un Audois qui passa la moitié de sa vie en prison pour défendre la liberté des autres. Un symbole qui, en premier, traitement de “faveur”, paya la présence des Nazis. Eux savaient pourquoi. Aussitôt arrivés, aussitôt il fut “déboulonné”.
Ce jeudi, jour d’hiver, s’était habillé d’habits de printemps.

Et le vent soufflait grec.

Dans l’Aude on dit, vent grec, pluie au bec.

Et ça mouillait sec pour les inégalités.

“Ras-le-bol” : un cri, une gorge, un élan.
“C’est pas grec mais vent d’Est - nous dit Alfred - tu nous fais de l’humour sarkozien ! “

C’était quand même un peu Grec sur le fond de l’air.

Les photos de la manif de Carcassonne sont dans l’album photos.

Légendes:

Ci-dessus on reconnait Raymond de Limoux venu faire de la photo. Je ne sais pas si vous avez remarqué mais il y avait plus de chasseurs d’images que de photographes de presse.

Les femmes donnent de la voix

Les femmes prennent de plus en plus d’importance dans les défilés. Ici, la jeune dame qui en tête de cortège avait le sens de la formule. Celle qui fait mouche. La mouche du coche en quelque sorte.

LES HYMNES DE REVOLTE

Entendu tout au long du cortège:

  • l’Internationale (classique !) Eugène Potier
  • Le chiffon rouge (classique) Michel Fugain
  • Mo-Ti-Vé (on en prend l’habitude) Zebda
  • ça ira Ladré
Ah ! ça ira, ça ira, ça ira

Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira,
Les aristocrates à la lanterne.
Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira,
Les aristocrates, on les pendra !


Refrain

V’la trois cents ans qu’ils nous promettent
Qu’on va nous accorder du pain,
V’la trois cents ans qu’ils donnent des fêtes.
Et qu’ils entretiennent dans catins
V’la trois cents ans qu’on nous écrase
Assez de mensonges et de phrases,
On ne veut plus mourir de faim.

Refrain

V’la trois cents ans qu’ils font la guerre
Au son des fifres et des tambours,
En nous laissant crever de misère.
Ça ne pouvait pas durer toujours.
V’la trois cent ans qu’ils prennent nos hommes
Qu’ils nous traitent comme des bêtes de somme,
Ça ne pouvait pas durer toujours.

Refrain

Le châtiment pour vous s’apprête
Car le peuple reprend ses droits,
Vous vous êtes bien payé nos têtes.
C’en est fini, messieurs les rois
Il faut plus compter sur les nôtres
On va s’offrir maintenant les vôtres,
Car c’est nous qui faisons la loi.

Refrain

Ah ! ça ira, ça ira, ça ira,
Les aristocrates à la lanterne ;
Ah ! ça ira, ça ira, ça ira,
Les aristocrates on les pendra ;
Et quand on les aura tous pendus,
On leur fichera la pelle au c..

Par contre “Allumer le Feu” pour Hallyday a semblé déplacé, dans le sens “pas à sa place”

Pas entendu : Le temps des Cerises de JB Clément (en ces temps où les malheureux ont la cerise cela n’aurait pas été mal venu).

La Carmagnole non plus…

La Carmagnole, 1792

Madam’ Veto avait promis (bis)
De faire égorger tout Paris (Bis)
Mais son coup a manqué
Grâce à nos canonniers
Dansons la carmagnole
Vive le son, vive le son
Dansons la carmagnole
Vive le son du canon !Monsieur Veto avait promis
D’être fidèle à son pays
Mais il y a manqué
Ne faisons plus quartierAmis restons toujours unis
Ne craignons pas nos ennemis
S’ils vienn’nt nous attaquer
Nous les ferons sauter.Antoinette avait résolu
De nous faire tomber sur le cul
Mais son coup a manqué
Elle a le nez casséSon mari se croyant vainqueur
Connaissait peu notre valeur
Va, Louis, gros paour
Du temple dans la tour
Les Suisses avaient promis
Qu’ils feraient feu sur nos amis
Mais comme ils ont sauté
Comme ils ont tous dansé !
Quand Antoinette vit la tour
Ell’ voulut faire demi-tour
Elle avait mal au coeur
De se voir sans honneur.
Lorsque Louis vit fossoyer
A ceux qu’il voyait travailler
Il disait que pour peu
Il était dans ce lieu.
Le patriote a pour amis
Tous les bonnes gens du pays
Mais ils se soutiendront
Tous au son du canon.
L’aristocrate a pour amis
Tous les royalist’s de Paris
Ils vous le soutiendront
Tout comm’ de vrais poltrons !
La gendarm’rie avait promis
Qu’elle soutiendrait la patrie.
Mais ils n’ont pas manqué
Au son du canonnier
Oui je suis sans-culotte, moi
En dépit des amis du roi
Vivent les Marseillois
Les bretons et nos lois !

Oui nous nous souviendrons toujours
Des sans-culottes des faubourgs
A leur santé buvons
Vive ces francs lurons !

Monsieur Sarko avait promis …..

15.10.08

Machado, je te salue

Ecrit dans Humeur à 9:48 par Bernard-Roger MATHIEU

Antonio
Collioure.

Ce jour-là la mer pleurait une brume par 23° de température.

Une mer à sang chaud se battait les flancs de toute forme de soucis dans l’odeur des poivrons aux filets d’anchois et d’une peinture pas encore sèche de Derain.

Torse de roche battu en vagues régulières. Tempo de Ringo Star sur peau d’oursins.

Ici la patrie post mortem de Machado passe le temps en boucle.

Ce soir-là une mer se murmurait dans un fumato gris caviar beluga double-zéro .

Un jour moite opaque comme un vieux Banyul.

Un jour entre chien et loup.

Un jour faisant oublier ce poème de Machado :

Esto dias azules y este sol de la infancia.

Collioure dort dans la paume d’une colline venant baigner son calme dans une baie frangée d’ailleurs. T’as le bonjour de tous les Albères. Sereine, reine à la traîne couvrant les pieds de la vallée du Vallespir, la rade, tel Cythère, ancre un temps Aphrodite d’éternelle beauté. A deux pas de là, à Vendres, Mérimée aurait parlé de Vénus.

Vaisseaux de toiles, ici Magritte, Braque, Picasso, Foujita, Perrot, Willy Mucha, Augustin Hanicotte et des quantités d’autres s’arrêtèrent mouillant leurs pinceaux dans des pots d’insolente indolence.

Et c’est resté. Peintures indélébiles. Encres de Chine. Emaux et chaleurs.

C’est comme une culture.

L’ailleurs se traduit ainsi. Les pages d’histoire ne se referment pas les unes sur les autres. Elles s’accumulent.

Comme les crus de vin doux dorant des bouteilles additionnant les millésimes.

Comme tout ce qui a besoin du passé pour aller plus loin.

On n’efface pas. On ajoute.

Et un jour d’hiver vint s’ajouter Machado.

Poussé par le vent mauvais de l’Espagne du garrot y allant franco.

Rejeté d’une partie perdue, sa république mortellement blessé, Machado s’échouait coté Francia.

Comme un avion venant se scratcher en bout de piste.

Bougies consumant ses dernières lumières en pays libre, le poète mourrait les mots à la main.

Connaissait-il Collioure ? Il échappait de justesse aux fers du franquisme. Epuisé…

Trois pas suffirent hors d’Espagne

Que le ciel pour lui se fît lourd

Il s’assit dans cette campagne

Et ferma les yeux pour toujours.

Ce texte d’Aragon chanté par Jean Ferrat raconte la fin tragique de ce républicain valeureux. Ce Ché espagnol combattait le poème face aux tanks.

Le cœur blindé il écrivait pour la mémoire des morts.

Il désirait en ce 2 février 39 rejoindre son frère à Paris.

…. 70 ans dans quatre mois. C’était hier.

Ses forces ne lui permettront pas d’accéder à ce dernier vœu.

Il va mourir le 22 février dans l’anonymat sous les balles du froid, du rejet, de sa mise à l’index. La clairvoyance d’un employé des chemins de fer, M.Bails alertera ses amis de l’identité du mort. C’est ainsi que dans une grande dignité toute la population de Collioure se retrouva autour du poète pour lui rendre un dernier hommage.

Collioure dressait le poing de sa reconnaissance face à l’ingrate Espagne.

La rue de la République grimpe. Si elle ne monte pas au paradis, elle escalade un raidillon d’enfer. Un mur. Des toits de tombes passant un œil par dessus tournent le dos à la vie.

Tous peut-être sauf un pour qui le combat continue.

- Antonio Machado, s’il vous plait ?

Un ouvrier repeint une grille. Derrière, enfermés pour l’éternité, il ne reste que des noms gravés dans de la pierre.

L’homme tend son pinceau.

- C’est dans l’allée, à 10m. Vous ne pouvez pas le manquer.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Antonio_Machado

14.01.08

Et si on relançait les 32 heures ?

Ecrit dans Humeur à 9:50 par Bernard-Roger MATHIEU

Quatre jours de travail, trois jours de repos.

Vivre avec un salaire décent est-ce une revendication “hors de prix” ?

Vivre pour profiter de la vie, profiter de sa famille, s’enrichir intellectuellement. Avoir du temps pour fréquenter les bibliothèques, les maisons de la culture, les théâtres.

La France est le premier pays au monde pour le tourisme… mais la moitié des touristes sont des Français. Que sera demain l’industrie du tourisme et tous ceux qui en vivent s’il n’y a plus de RTT, si le prix du caburant continue à monter ?

La France est le premier pays au monde pour le nombre d’associations. Le sport tient une place importante ( mais le sport est aussi formateur ) toutefois consultez par curiosité les activités dans votre commune. Certes, on est en régression à la grande idée du Ministère du Temps Libre (1981) où on allait échanger le savoir, embaucher les chômeurs et les SDF dans les maisons de la culture pour transmettre leurs connaissance ( sur le macadam à Castelnaudary il y avait une conseillère juridique ). Autant dire même qu’on fait le chemin en sens inverse…
Les casseurs ne sont pas les payeurs. Que veulent ceux qui nous dirigent ? Mettre la France à genoux ? Permettre aux seuls plus riches de bénéficier des biens communs ?

Veut-on que les stations de ” sports d’hiver” redeviennent les pré-carrés des nantis.

Veut-on effacer la démocratisation de certains sports et le rendre à ceux capables de payer ?

Veut-on redonner accès aux universités privatisée qu’aux seuls enfants des couches aisées ?
Sur France Inter, lundi matin 14 janvier, la patronne du Medef plaidait pour le travailer plus.

Les Canuts à Lyon en 1834 écrivaient sur leurs drapeaux plantés sur leurs barricades:

VIVRE EN TRAVAILLANT OU MOURIR EN COMBATTANT.

On n’est pas loin de la devise de l’Audois Barbes qui, face à la Droite, s’est battu toute sa vie. Il en passa d’ailleurs la moitié en prison.

Sa devise qu’on lit sur le monument cours Barbès de Carcassonne, chanté par georges Brassens:

VIVRE LIBRE OU MOURIR !

Nous vous invitons à relire Alfred le Wisigoth page153 chapitre ” Impossible”.

” Les avancées sociales raccourcissent la vie des patrons. Ce fléau revient par vagues minant les entreprises défaillantes….”

02.11.07

RADAR…Je me suis fais gauler

Ecrit dans Humeur à 16:04 par Bernard-Roger MATHIEU

Souriez, vous êtes filmé...Attentif comme pas un. Observateur permanent. Petits signes de solidarité adressés à l’occasion à mes collègues de la route, n’y ont rien fait. Un petit moment d’inattention l’autre nuit sur le périf à Toulouse et j’étais à 92km/h. J’ai testé l’efficacité du radar de Balma marque Mestra type 210, numéro 421 vérifié par la DRIRE en date du 22 novembre 2006 Pourtant j’étais certain de ma vitesse. Seul sur une route à trois voies, droite comme un “i”, je n’étais distrait par personne. J’effectue actuellement des démarches pour savoir si ce Radar cyclope et cafardeur dont j’ai été victime est bien réglé. Si certains peuvent me donner des tuyaux sur la question on peut me répondre ici sur le blog ou m’envoyer un courriel à : mathieu.bernard.roger@orange.fr. Quand même cela me tracasse. Depuis toujours je suis très, très, très réglo sur les règles de conduite. Parce que je trouve idiot de mourir sur la route. Parce que j’ai toujours éduqué mes enfants en ce sens. Parce que je crois que la voiture et un bon moyen de déplacement et non pas forcément un corbillard ambulant. La vocation m’a donc poussé à m’investir dans la sécurité routière pendant près de 15 ans, de jour comme de nuit. Plus souvent d’ailleurs la nuit que le jour.

Nous avons inventé à Villesequelande (11), au comité des fêtes, dans les années 80, avec l’appui à l’époque du Préfet et de Raymond Courrière président du Conseil général, la formule: je conduits, je ne bois pas d’alcool. Les jeunes laissaient au bar leurs clefs de voiture, on leur mettait un badge: je conduits. Toute la soirée ils buvaient à l’œil des boisons non alcoolisées. Notre travail de fond consistait à responsabiliser le conducteur. D’ailleurs, il signait un contrat de bonne conduite. Puis un jour, l’ère Sarko arriva. Les Inspecteurs de la Sécurité Routière au placard. Des années et des années d’investissements auprès des jeunes pour faire évoluer les mentalités ont été vulgairement jetées au fossé de l’indifférence. Certes, il a toujours fallu ferrailler pour plaider en faveur de l’éducation contre la répression aveugle, brutale et conne. Faire appel à l’intelligence demande des efforts mais grandit l’individu. Poser un radar fixe qui engraisse les sociétés privées c’est à la portée de tous. On n’est pas bien certain des chiffres officiels (non vérifiés et non vérifiables parole de journaliste) qui sont balancés en pâture à la presse sur les statistiques officielles. Cela fait un peu stat du chômage. Plus personne n’y croit. Il faut savoir que pendant ce temps-là les gendarmes soumis à la loi des chiffres font des heures supplémentaires non payées qu’ils ont du mal à récupérer. Je ne vous dis pas l’ambiance dans les gendarmeries… et surtout dans les couples. N’énervez pas les gendarmes lors des opération « coup de poing » , ils ont actuellement les nerfs à fleur de peau. Si un gendarme élève le ton, faites le lui remarquer tranquillement sans vous énerver vous-même. Il ne doit pas perdre son sang-froid. On va à l’explosion. On vit, en tous les cas, dans un climat de belligérance larvé. A Rennes, sous la pèlerine, il se chuchote, abusivement n’en doutons point, que certains entreraient dans les ordinateurs des numéros “exonérés”. La presse enquête, mais ce n’est pas facile. Rumeur ? Bobard ? Actuellement il n’existe pas de commission de contrôle. Si vous savez quelque chose, c’est la presse qu’il faut avertir. Rennes c’est le ministère de l’Intérieur, donc des policiers. Je viens de recevoir la photo de ma voiture flashée le 18 juillet… soit 107 jours après. Combat de nègres dans un tunnel ! J’ai fait deux demandes. Le premier dossier s’était perdu (dixit la personne au bout du fil une certaine Paula Tél.: 0 811 10 20 30). Il a fallu que je le refasse. Quant à l’officier du ministère public on ne peut le joindre au téléphone. On ne connait pas son nom (la loi autorise l’identification) et on ne peut que lui écrire. Il y a bien un nom sur le PV, mais personne lors de nos recherches n’a levé le doigt en disant: c’est moi. Ce Monsieur n’a pas répondu à mon courrier notamment sur la péremption du contrôle du radar fixe au terme légal des 6 mois écoulés règlementaires. J’ai un rendez-vous avec le médiateur en préfecture. S’il s’avère que ce Radar avait effectivement dépassé la date limite de validité, je compte mener une enquête dans la Dépêche Toulouse pour retrouver toutes les personnes qui auraient été abusivement et irrégulièrement flashées après le 3 mai 2007.

cimetiere de radarsJe vous invite à vous rendre sur le forum “les radars vous arnaquent” :
http://www.forum-auto.com/les-clubs/discussions-salon/sujet699-35.htm#t251716

Et pour se remettre dans la bonne humeur, je vous invite à relire la page 139 de mon livre “Alfred le Wisigoth”

hop dans la boiteLe manche

Où le Wisigoth se couvre de honte.
Toujours prompt à prévenir les enfants des dangers de la route, il s’est proprement fait aligner par la maréchaussée.

Cours de la République, pas plus tard que hier matin.

Le Wisigoth remontait l’avenue dans l’intention avouée d’aller déguster son apéro-orange, la dernière fantaisie colorée autorisée par le corps médical. Le chapeau posé sur la broussaille de ses sourcils, le regard atone creusé d’un grave souci qui taurobole, les mains derrière le dos torturant les maux d’un vocabulaire qui déraisonne, il avançait le pas lourd.

- « Je suis déshonoré - indiqua-t-il à un ami inquiet - j’ai les gosses qui me marchent sur le ventre, je n’ai plus d’autorité».

Dans une ville baignée par le soleil, mise en partition par des armées tranquilles de volatiles regardant pousser les feuilles des platanes, il se sentait marginalisé. Il avait conscience de vivre en déphasage complet avec un bonheur largement diffusé par les sourires flatteurs de la douce musique d’un plaisir de vivre d’une société béate devant ses flagrants progrès. Depuis que ses gosses sont en âge de tenir un volant, il dresse le doigt de la conscience. Les yeux dilatés par le verbe juste, il enseigne la prudence. Le buste à hauteur de la morale, il lutte contre les chauffards du dimanche.

Père indigne, il vient de prendre un « manche » !

Le premier depuis qu’il conduit.

Autour de la table du petit déjeuner il a cherché des excuses d’une trop épaisse puérilité, flagorné la maréchaussée au glaive aveugle, prompte à briser l’image des pères de famille en tendant ses pièges là où jamais ne se produisent les accidents, fustigé l’imperméabilité d’un ordre prisonnier d’un képi d’où rien ne sort.

- « Monsieur nous ne sommes pas juge. C’est 150 €».

- « Mille balles ! »

Un panneau de 70 oublié dans l’herbe du fossé creusant son sillon dans la déshérence, le Wisigoth à 87 km/h n’a pas eu l’impression de mettre en péril des populations entières.

Pire que tout, il ne pourra plus jamais dire en poussant la portière :

- « Gamin, n’oublie pas, la vitesse, c’est mortel ».

22.02.07

La pensée du jour

Ecrit dans Humeur à 11:34 par Bernard-Roger MATHIEU

Ce qui est affirmé sans preuve peut être nié sans preuve. Euclide.

14.01.07

Un livre, une ambition

Ecrit dans Humeur à 12:07 par Bernard-Roger MATHIEU

Discours lu le dimanche 21 janvier 2007 en mairie de Castalneudary

galerie Paul SibraDans la vie, il faut savoir cultiver l’humilité. Cultiver la modestie tout en sachant valoriser ses qualités.
Ce que je viens de dire peut paraître être un paradoxe.
Pourtant comme d’habitude la vérité est dans l’équilibre, le juste milieu.
Ecrire un livre ce n’est pas rien.
Le fait que les Editions Manuscrit, représentée ici par Monsieur Nicolas Philippe son directeur, aient permis ce challenge rend honneur à cette maison d’édition. Elle s’est enrichie d’une mission très honorable.
Ce que font actuellement les enfants c’est quelque chose d’extraordinaire car il n’est pas donné à tout le monde d’écrire un livre… et d’en être fier.
Le travail actuellement réalisé est bien mené grâce surtout aux qualités d’une enseignante exceptionnelle : Mme Zahira Hofmann professeur de français, collège des Fontanilles.
Il nous appartient de valoriser des qualités que les élèves ont mais qu’ils ne savent pas toujours exprimer.
Si ce livre demain pourra être paré d’une vertu ce sera celle d’être parvenu à ce que je dis plus haut. Avoir appris ses limites pour démultiplier ses capacités.
Apprendre aux enfants à mesurer leurs capacités pour que demain ils soient des adultes responsables capables d’une saine critique tant sur le regard qu’ils pourront avoir sur eux que sur leur environnement.
Le chemin que chacun fera sera différent, mais chemin ouvert il y aura eu.
Comme me le disait dernièrement M.Maffre, le directeur de la Dépêche, l’écriture est pour nous les gens d’écriture notre métier. Un bien noble métier !
Une chanson des Hussards Noirs de la IIIe République disait qu’un peuple est grand quand il sait lire, j’ajouterai qu’il est encore plus grand quand il maîtrise le don de l’écriture.
C’est un des meilleurs moyens d’expression.
Il a fait progresser l’humanité.

Bernard-Roger MATHIEU